mardi 12 novembre 2013

TOYEN (Marie Čermínová)





Toyen  (Marie Čermínová) est née à Prague le 21 septembre 1902. C’est une artiste peintre tchèque surréaliste.
Après des études à l'Ecole des arts appliqués de Prague, Marie Čermínová co-fonde avec l'écrivain Karel Teige  le groupe anarchiste Devětsil en 1920.
En 1922, elle rencontre le peintre Jindřich Štyrský. Ensemble, ils participent à une exposition collective organisée par Devětsil et intitulée « Bazart d'art moderne ». Elle adopte le nom Toyen, d'après citoyen en français (1923).








1940


Dans ses premières œuvres, Toyen s'inspire d'un cubisme puriste qu'elle abandonne pour une série de tableaux naïfs aux sujets exotiques.
 
En 1925, elle s'installe à Paris avec Štyrský. Ils créent un nouveau style qu'ils appellent «artificialisme», qui se veut une peinture poétique, par lequel ils anticipent de nombreux éléments de l'abstraction lyrique ultérieure.  




1946


Cette période donne des œuvres aussi variées que le Toboggan (1926, musée de Prague), qui représente une tendance vers l’abstraction géométrique, la Fata morgana (1926, Hluboká, Gal. Alès), où la couleur s’émancipe, le sujet du tableau n’étant suggéré que par quelques signes sobres, la Fumée de cigarette (1927), faite d’un tissu immatériel, de lumières et d’ombres.



1962


Cependant, les fragiles champs arachnéens baignant dans un demi-jour tamisé et enfumé sont remplacés par des pâtes crues et lourdes réparties irrégulièrement en surfaces structurales (le Marais, 1928).
Ils participent en 1925 à l’exposition « l’Art d’aujourd’hui ».
Ils rencontrent le groupe surréaliste. Leur première exposition commune est organisée à la galerie Vavin. Philippe Soupault écrit la préface du catalogue.










À l’entrée du silence, 1954



 
De retour à Prague en 1929, Toyen fait paraître des dessins érotico-humoristique dans la Revue érotique créée par Štyrský.
À partir de 1931, son œuvre se peuple d’objets insolites, flottant dans un espace évocateur de paysages nocturnes ou sous-marins (Gobi, 1931, musée de Hradec Kralové). Le lyrisme y fait place à la plongée dans le subconscient, d’où l’artiste ramène d’obsédantes images.
En 1932, elle illustre la « Justine » de Sade.









A une certaine heure 1963




En 1934, le poète Vítězslav Nezval et Karel Teige, Toyen et Jindřich Štyrský fondent le groupe surréaliste de Prague qui accueille chaleureusement André Breton et Paul Eluard en mars 1935. Cette même année, en mai, elle participe à l'Exposition internationale du surréalisme à Ténérife dans les îles Canaries.
En 1936, elle exécute, en collaboration avec Štyrský, un cycle de collages fantastiques consacrés à la mémoire du poète K. H. Mácha. Elle en retient la méthode des rapprochements fortuits d’éléments disparates (Rencontre matinale, 1937, id.).








Au château La Coste 1946



Elle sait susciter des visions troublantes par d’autres moyens : mariages suggestifs de l’irréel et du déjà-vu (la Tanière abandonnée, 1937, id.), spectres et fantômes (cycle des Fantômes du désert, 1937). 






Horreur 1937




L’atmosphère d’angoisse de ses œuvres ira s’amplifiant pour atteindre au paroxysme dans le cycle Cache-toi, guerre ! (1944), vision d’un monde dévasté et dépeuplé. Ce climat inquiétant se prolonge dans les œuvres d’après-guerre, où cependant résonnent des accents d’espoir, comme dans l’Avenir de la liberté (1946) ou dans le Chant du jour (1950).
En 1938, à l'occasion d'une exposition commune  Jindřich Štyrský et Toyen paraît une double monographie dont les textes sont signés Nezval, Teige et Vitèzslau.







Illustration pour Justine



En 1939, l'invasion de la Tchécoslovaquie par l'Allemagne, lui interdit toute expression publique. Dans la clandestinité, elle réalise un cycle de dessin Tir (Střelnice, 1940), des illustrations érotiques pour l'ouvrage du poète Jindřich Heisler «Seules les crécerelles pissent » (1940) et «Cache-toi, guerre ! » (Schovej se valko), une série de dessins accompagnant des poèmes du même Heisler (1944).

Jindřich Štyrský meurt en 1942.










Illustration pour Justine ou les Malheurs de la Vertu





Après la guerre, Toyen expose à nouveau à Prague en 1945, puis en 1947, elle quitte la Tchécoslovaquie pour Paris, avec Jindřich Heisler. Elle participe aux activités du groupe surréaliste et expose à la galerie Denise Renée. Le catalogue est préfacé par André Breton.
En 1953, exposition particulière, galerie « A l’étoile scellée » à Paris. Publication de la monographie Toyen, texte d’André Breton, Jindřich Heisler, Benjamin Peret.









Illustration pour Sur-le-champ 1967





Dans les années 1960, elle imagine deux livres-objets pour l'éditeur François Di Dio.

Dans les années 1970, elle collabore aux publications du collectif "Maintenant" fondé par Pierre Peuchmaurd avec Radovan Ivsic, Annie Le Brun, Georges Goldfayn.

Elle est décédée à Paris le 9 novembre 1980. 




 "Toyen" éditions Filipacchi, 1974






Ils se lèvent à la pointe du jour 1950





 A visiter:








Le paravent 1966
Les Rois Mages 1923
L'un dans l'autre 1963
Messages de la Forêt 1936
La chasse au renard 1964

Safe, 1946
Rêve de fille. Après.
Relâche 1943
Objekt-fantom 1937
Le Puits dans la tour  Debris de rêves 1967









 

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