lundi 24 octobre 2011

Paul Duchein


Paul Duchein est né le 20 février 1930 à Rabastens dans le Tarn. Il dessine depuis son plus jeune âge et à douze ans, il transforme la grande maison familiale en un bric-à-brac étrange et ordonné. Adolescent, il lit quantité de livres sur l'art et participe à un groupe de peintres amateurs. Il commence à peindre à quatorze ans et fréquente assidûment l’atelier de Giovanni Léonardi, peintre céramiste, qui devient son premier maître à penser. Il rencontre Jacqueline en 1947 qui deviendra son épouse en 1954
Il entreprend parallèlement des études de pharmacie et obtient son diplôme en 1954. 
Il s’installe à Montauban comme pharmacien d’officine où il reprend, en 1957, la pharmacie familiale, rue de la Résistance où il exercera son métier jusqu’en 1995.
Entre 1960 et 1970 la famille s’agrandit avec Olivier, Fabienne et Pierre Duchein, nés respectivement en 1960, 1962 et 1969.


Jusqu’au milieu des années 1990, il écrit des textes sur l’art et les artistes dans la Revue des Pharmaciens dont il fut le Directeur de rédaction pendant vingt ans (1974 – 1994). Il rédigera des chroniques culturelles et créera un certain nombre de photomontages pour les couvertures de ce magazine.
Il écrit également  des livres pour enfants.
Il organise également des expositions annuelles au Musée Ingres, à Montauban (rencontres qui durent depuis plus de quarante ans).
Sa rencontre avec François Mathey, conservateur du musée des Arts Décoratifs, sera déterminante. le peintre Jacques Hérold et le galeriste Alphonse Chave le pousseront à continuer son travail artistique.
C’est un collectionneur éclectique et averti, passionné par le Surréalisme qu’il découvre au début des années soixante, d'art brut et d'arts populaires.
L'amour des objets l'anime toujours quand il croise André Breton dans les années 60. C'est alors qu'il comprend l'ampleur du mouvement surréaliste. 
Le cabinet des curiosités
 La toute puissance du rêve prend tout son sens et il construit à sa guise, la dimension poétique naissant du désir d'œuvrer en toute liberté.
C'est ainsi qu'il écume brocanteurs et plages, à la recherche d'objets hétéroclites pour fabriquer des boîtes-théâtre magiques.  C’est un créateur (longtemps clandestin) qui réalise depuis bientôt quarante ans ces boîtes mettant en scène des éléments le plus souvent rejetés ou destinés au rebut.
Somptueuses boîtes qui démontrent, s'il en était  besoin, que l'encadrement n'est pas un enfermement mais une ouverture vers le rêve et l'infini. La délimitation de l'espace clos n'est qu'une  manière d'ouvrir les portes de l'imaginaire dans un de ces apparents paradoxes qui charment les surréalistes dont Duchein a toujours été proche. L'art de l'encadrement ou comment l'onirisme peut se déployer sans fin dans un espace contraint. 
Capteur de rêves
 Ce sont autant de petits théâtres où l’emportent la profusion des détails et le goût des histoires. On y voit se côtoyer de la façon la plus incongrue les éléments les plus divers, sans aucun lien apparent de nature ou de fonction, excepté celui que crée, pour notre plus grand plaisir, l’imaginaire de ce "Fabricateur".
Grand lecteur de poésie, son œuvre s’articule autour de séries dont les noms lui ont été suggérés par la fréquentation assidue des écrits surréalistes.
Sans aucune complaisance envers les tendances à la mode, il déclare : " Je n'ai pas d'autre ambition que celle de faire naître un petit sentiment poétique dans un espace clos ".
La chambre de Lachesis
Ses œuvres ont fait l'objet de très nombreuses expositions personnelles et collectives : «Rituels de mémoire» à Vence en 1986.
Depuis 1996, Paul Duchein part régulièrement au Mexique. Profondément marqué par les couleurs vives et pures qu'il admire là-bas, il a voulu transmettre à travers ces œuvres son émotion.
Parmi les plus récentes, on peut citer : Le Pluriel des Singuliers à Aix en Provence, le Musée des Beaux Arts de Bilbao, l'exposition " La poupée ", à la Halle Saint Pierre à Paris. Il a également illustré des livres et publié des textes. Enfin, son œuvre a fait l'objet de trois films, dont deux de FR3 Toulouse, l'un par Nicole Zimermann, le second par Emmanuel War et le troisième de la 5 Arte par J.M. Carzou.
Il réside et anime depuis 1968 les « Rencontres d’Art en Quercy » qui se tiennent annuellement au musée Ingres depuis 1972.
Il réalise en 2000 La Chaise de Madame Gonse ou l’Arbre de vie, sculpture monumentale en tôle laquée époxy de 9.50 m de haut, installée sur le parvis de la salle de spectacles de Montauban, Eurythmie.
Il a toujours été, dans sa ville, d’une étonnante discrétion sur sa création, victime sans doute d’une trop grande modestie.
Examen du système anticartésien

D'une voix puissante, traversée d'expressions pittoresques, le Montalbanais Paul Duchein avoue qu'il est « très bavard ». 
Vous avez monté de nombreuses expositions avant d'exposer vous-même…
J'ai débuté dans les années soixante avec Picasso, Zadkine, à une époque où il n'intéressait personne. Au musée de Montauban, j'ai montré Arman et César, Breton et Artaud mais aussi des artistes du fin fond de la France.
Que réalisez-vous depuis 1986 ?
Je fabrique des boîtes depuis l'âge de 14 ans. Je récupère des objets qui fonctionnent ensemble. À Toulouse, je rends hommage à Chopin, à Galilée… Je raconte des histoires comme autrefois au coin du feu. Il y a toujours un côté dérisoire, facétieux. Le meilleur compliment c'est quand on me dit : « ça fait rêver ».
Que pensez-vous du marché de l'art ?
Il y a une surenchère dans la provocation alors qu'il n'y a plus d'interdits. Les artistes célèbres se prennent au sérieux et font souvent des merdes. Picasso est un génie mais il n'a pas produit que des chefs-d'œuvre.
Toulouse. Paul Duchein : "J'aime faire rêver"
(Interview express)
La chambre de Fellini
La chambre de Merlin
La chambre de Mozart
La chambre de Paul Eluard
La chambre de Victor Hugo
La chasse à l'iguane
Extrait de « L’œuf sauvage »- hiver 1992/1993
… Quant à ces Chambres mémorables, leur auteur s’explique fort bien lui-même : « Si l’on découvre côte à côte Eratosthène et Prévert, Messaline et Rembrandt, Baudelaire et Agamemnon, Vieira da Silva, Chopin, Eluard, Novalis ou Libuse, c’est simplement parce que j’ai été à un certain moment ému par un détail allégorique de leur existence ou de leurs ouvrages ; certaines correspondances se sont alors imposées et des relations étroites se sont établies avec les choses éparses qui, autour de moi, les évoquaient. » (par Philippe Comte)
L'étoile du berger
Machine à coudre





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