vendredi 30 septembre 2011

Raymond Reynaud


Raymond Reynaud est né le 8 octobre 1920 à Salon-de-Provence. Il est le fils de François Reynaud et de Charlotte Vouland, commerçants en grains et fourrages. Raymond perd sa mère vers l’âge de douze ans et sera élevé par sa « marâtre » après le remariage de son père.
Peintre, sculpteur et plasticien français, proche de la démarche artistique de Jean Dubuffet, il s'inscrit dans le mouvement de l'art singulier maïeutique. Grand admirateur de Chaissac et de l’art brut, il se définissait lui-même comme un artiste « singulier ».
En 1934, il entre en apprentissage de peintre en bâtiment, ayant échoué au Certificat d’Etudes.
De 1935 à 1939, il suit parallèlement les cours du soir de peinture-décoration, d’anatomie, de fusain et de crayon à l’école d’art de Salon, où enseignent des artisans bénévoles. Il obtient un premier prix de dessin anatomique et un troisième prix de fusain. Bouleversé par la découverte d’un nu cubiste de Picasso, il continue à peindre des paysages provençaux dont il n'est pas satisfait. Par suite de problèmes cardiaques, il est réformé au conseil de révision.
 De 1938 à 1944, il travaille comme peintre de lettres au camp d’aviation de Salon et il étudie le saxophone et le solfège. Il anime de nombreux bals pendant cinq ans (Donald et ses Boys, puis Right Music, Bikini Jazz et Atomic Jazz), gagnant assez d’argent pour s’établir à son compte.
En 1949, il devient artisan peintre à Sénas où il exercera cette activité pendant dix-sept ans. Il prend l’habitude, quand il termine un chantier, de laisser une de ses peintures au-dessus de la cheminée.
 En 1950, sur le conseil d’un instituteur, Jean-Marie Serre, suit un premier stage d’arts plastiques auprès de peintres travaillant dans le courant de l'Ecole de Paris.
Jusqu’en 1980, devenu lui-même animateur, il suivra de nombreux stages à Marly-le-Roi, Dinan et Boulouris, dans le cadre des Académies Populaires ou d’associations liées à la Fédération Léo Lagrange. Ses instructeurs sont Lucien Lautrec, Gilles Duché, Renée David et Pierre Hussenot.
En 1952, il fonde le Groupe d'arts plastiques des Alpilles sous la direction de la fédération des Académies populaires d'arts plastiques et y reste jusqu'en 1957. La direction nationale des Académies populaires, présidée par Lucien Lautrec, contribue à cette époque à la formation d'un grand nombre d'artistes, tant à Paris qu'en province.
 Pendant dix ans de 1958 à 1968, il arrête ses activités plastiques pour un temps de réflexion, se sentant bloqué et prisonnier d'un système.
En 1959, il épouse Arlette Roux, membre du groupe des Alpilles. Le couple s’installe à Orgon.
En 1964, ils déménagent au Quartier de la Peyronnette à Sénas.
Et en septembre 1965 il met fin à son entreprise d’artisan-peintre, affaibli par de graves problèmes de santé (jusqu’à la retraite, il percevra une pension). Dix ans de dépression s’en suivent.
En 1968, il se remet au dessin puis à la peinture, sous le choc de la découverte des naïfs yougoslaves et de Gaston Chaissac, au musée des Ponchettes, à Nice. Son œuvre personnelle commence. Il travaille par thèmes ou par séries : les quatre saisons, les sept péchés capitaux, les cirques, les fanfares.
En 1973, première exposition personnelle à la Mairie de Saint-Maximin. 
En 1976, il participe à une exposition « Autour de Chaissac » à l’abbaye St Pierre de Maillezais, en Vendée.
En 1977, il crée et anime un atelier de peinture pour adultes Le Quinconce Vert à Salon-de-Provence. Cet atelier donne une formation artistique à des personnes sans expérience dans les arts plastiques ou non satisfaites de l’enseignement académique. Le but de Raymond Reynaud est de travailler sur l'imaginaire et de le faire déboucher sur une expression plastique singulière. Il travaille ses premiers totems et assemblages de bois récupérés dans les ‘bordilles’.
Jean Dubuffet lui apporte ses encouragements, de même que Michel Thévoz, conservateur de la Collection de l’art brut de Lausanne.
 En 1979, il expose au Couvent Royal de St Maximin, organisée par Jean-Claude Caire, avec la participation de Frédéric Altmann.
En août 1980, il visite la Collection de l’Art Brut de Lausanne et rencontre Michel Thévoz.
De 1981 à 1985, ses chefs-d’œuvre sont deux polyptyques inspirés de Pagnol et de Cervantès et peints à la gouache avec une technique de miniaturiste sur les thèmes de Jean de Florette de Marcel Pagnol.
Le 8 avril 1982, il reçoit une lettre d’encouragement de Jean Dubuffet. Par la suite, les travaux de Raymond Reynaud entreront dans la collection Neuve Invention à Lausanne (collection annexe de l’art brut).
En 1984, il envoie deux sculptures à Lausanne.
En 1986, il entre en contact avec Madeleine Lommel de l’Aracine, Alain Bourbonnais de La Fabuloserie et Françoise Henrion d’Art en Marge, à Bruxelles.
En 1987, il rend visite à Chomo, dans la forêt de Fontainebleau.
Le 20 septembre 1988, il est opéré du cœur à l’hôpital de La Timone à Marseille.
En 1989, l'œuvre de Reynaud fait l'objet d'un mémoire de maîtrise rédigé par Alice Splimont-Anglade et soutenu à la faculté Paul Valéry de Montpellier sous le titre de Raymond Reynaud, peintre singulier. C'est la première fois qu'un peintre singulier est représenté à l'université. Ces travaux de recherche ont été dirigés par le professeur et historien de l’art Marie-Domitille Porcheron.
L’année 1990 voit la création du Mouvement singulier Raymond Reynaud à Sénas et la dissolution de l'atelier du Quinconce Vert. Ce mouvement regroupe des élèves ou des peintres dans la mouvance de l'art singulier. La même année, sa Maison Musée à Sénas, où l'artiste habite avec son épouse Arlette et où sont installées des centaines de tableaux et de sculptures, est répertoriée dans le livre de Claude Arz, le guide de « la France insolite » aux éditions Hachette- 1995.
De 1992 à 1994 : Polyptyque sur le thème de Don Quichotte.
En 1993, sort un documentaire de Stéphane Jean-Baptiste, Pascale Massicot et Eric Potte (Art et Communication, Nevers) « Raymond Reynaud : le troisième cerveau.
En 1993, deux tableaux sont envoyés à Lausanne.
D’octobre 1995 à juillet 1996,  Don Quichotte est présenté dans Art Brut & Compagnie, à la Halle Saint Pierre, à Paris.
En 1995, création de l’Association des Amis de Raymond Reynaud. Projet de musée et de fondation.
Le 21 avril 1996, visite d’une délégation du Folk Art Museum de New York guidée par Chris Cappiello et Beth Bergin (photo datée lundi 6 mai 1996).
En 1998, il participe à la réalisation de « Hôpital brut », un film d'animation du collectif « Le dernier cri » diffusé sur Canal +.
Depuis les années 1980, il est l’objet de nombreux articles dans la presse culturelle et de reportages télévisés. En effet, l’universitaire spécialiste de l’art brut et singulier Laurent Danchin consacre plusieurs analyses de ses travaux dans le magazine d’art anglais Raw Vision (cette publication périodique a obtenu le Prix Camera de l’UNESCO de meilleur magazine d’Art en 1998).
 En 1999, Alain Paire édite « Raymond Reynaud, un singulier de l’art » (En Manœuvres Editions, Marseille).
En 2000 il termine sa ‘monumentoile’ Pierrot des lunes (4m x 3m) pour les Ateliers Publics d’Allonnes. La force en dedans –
De plus, Raymond Reynaud est présenté aux côtés d'autres artistes lors d'une soirée théma consacrée aux allumés de l'art brut diffusée sur Arte.
En octobre et novembre 2001, rétrospective à Martigues.
En janvier et février 2003, exposition à l’Espace Van Gogh, à Arles.
D’avril à juin 2004, exposition au Château des Templiers de Gréoux-les-Bains.

 Il a réalisé aussi d’étranges mandalas d’un graphisme électrique qui n’est pas sans rapport avec les problèmes nerveux dont il se plaignait.
Le 10 juillet 2007, Raymond Raynaud décède à Cavaillon, soit trois jours avant le début d'une exposition rétrospective, présentant plus de cinquante années de création, au château de l’Empéri à Salon-de-Provence.
Après son décès, il fait l'objet de nombreux hommages dont l'inauguration d'un square à son nom le 28 septembre 2007  et d'une statue en présence de l'actrice Andréa Ferréol le 21 mai 2008 à Sénas. 
Vidéo : Arlette et Raymond discutent avec Françoise Lescaut et Jean-Michel Chesné, deux amis visiteurs, en juin 2007, un mois avant le décès de Raymond.




7 commentaires:

  1. Bonjour je suis tombé sur votre blog en recherchant des infos sur Jano Pesset (suite à des recherches de photos à scanner dans quelques anciens n°s de l'oeuf sauvage) et voyant votre liste d'artiste je me suis dit tiens nous avons beaucoup de goûts communs (René Daumal, Krishnamurti, Raymond Reynaud, Victor Brauner, etc..) et cette video de Mr Reynaud m'a bien fait sourire le coeur. Merci

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    1. Bonsoir à vous Moskar3. Un très grand plaisir que votre petit mot. Bonne soirée.

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    2. Bonjour j'ai vu votre collage sur facebook j'aime beaucoup je me suis pas mal intéressé à cette pratique il y a quelque temps déjà..aujourd'hui je suis plus dans le son..enfin même totalement dans le son avec quelques incursions dans la vidéo. Mais plutôt voici le site d'un ami qui fait de super collages si cela vous tente d'y jeter un oeil : http://franck.schweitzer.free.fr/voir2.html

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    3. Merci pour le lien. J'ai fait un petit tour dans ce monde illustré et musical où j'ai entr'aperçu votre nom. Certains collages sont fantastiques(j'aime ceux en noir et blanc). Je suis moins sensible à la musique(les sons si vous préférez) mais une vidéo est superbe, celle de La Villette. Bien à vous.

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  2. Lumière et son origine du monde pourtant !! ;o)
    Je vous propose malgré tout un petit voyage sonore au Vietnam..
    http://moskar3.bandcamp.com/album/sonic-fiction-du-fleuve-jaune-au-m-kong

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  3. Bonjour je me remémorais quelques détails avant d'écrire à propos de Raymond Reynaud, je regarde votre articles et vos photographies.
    après j'ai vu que vous citiez un entretien que je connais bien, autour de Louis Pons
    voici le lien pour l'article Raymond Reynaud
    http://www.galerie-alain-paire.com/index.php?option=com_content&view=article&id=215:raymondreynaud-un-artiste-de-la-neuve-invention-chez-marseille-2013&catid=7:choses-lues-choses-vues&Itemid=6

    avec toute ma sympathie, alain paire





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  4. Bonjour Mr Alain Paire, c'est un grand plaisir et un honneur de vous rencontrer ici. Je suis confuse de ne pas m'être promenée suffisamment dans votre galerie, j'aurais bien sûr joint le lien sur cet article, il est bien plus complet que celui-ci! C'est toujours ma hantise de ne pas trouver tous les liens intéressants et les faire partager.
    Je vous souhaite, c'est le moment propice, tous mes voeux pour cette nouvelle année.

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